Triche à la fac: ce que tu risques

Pourquoi réviser quand on peut tricher ?

 

Le plus sympa à la fac, ce sont les vacances de Noël, car elles sont consacrées aux révisions des examens de janvier !

Tricher n’est pas une bonne chose et l’idéal serait bien évidemment de ne pas utiliser cette méthode douteuse. Cependant, « à cause de ta famille », tu as perdu beaucoup de temps pendant les fêtes et tu es sorti un peu tard pour le réveillon du nouvel an…

Bref, autant dire que tu es mal parti pour réussir tes partiels…. à moins de frauder ?

Nous avons tous entendu le fameux discours lorsque nous étions petits : « tricher c’est mal ! »
Pourtant, selon une étude conjointe de l’Université Duke et du Josephson Institute of Ethics, 70% des étudiants auraient triché au moins une fois au cours de leurs examens.

Tricher est de plus en plus facile et tentant, surtout à l’université où l’on passe les partiels dans un amphi bondé, dans lequel le risque de te faire surprendre est assez faible, à moins de te faire balancer par un c***.

Les astuces sont d’ailleurs nombreuses : le livre posé sur les genoux, l’antisèche cachée dans la trousse ou dans le stylo, le papier collé sous la chaussure ou sur la bouteille d’eau, mais aussi la feuille cachée dans le caleçon à sortir discrètement aux toilettes, le code juridique annoté, ou encore les formules enregistrées dans la calculatrice. La triche évolue avec la technologie, on pourrait ainsi également envisager le cas des écouteurs cachés dans l’écharpe ou du Smartphone connecté à internet.

Oui, nous l’avons bien compris, toi aussi tu as déjà triché.
Nous ne sommes pas fiers de toi, mais nous avons tout de même décidé de te donner quelques conseils juridiques, car ainsi que l’affirmait Voltaire dans l’éloge de l’hypocrisie : « Tricher au jeu sans gagner est d’un sot » ! En effet, si tu es un tricheur aguerri tu ne risques rien du moment que tu ne te fais pas prendre, mais qui sait… peut être ton voisin va-t-il te dénoncer ?

Quelles sont les sanctions auxquelles tu t’exposes en trichant aux partiels ?
Elles ont été fixées par un décret du 13 juillet 1992 (relatif à la procédure disciplinaire dans les établissements publics d’enseignement supérieur placés sous la tutelle du ministre chargé de l’Enseignement supérieur).
(Les mesures prévues par ce décret ont par ailleurs été fortement renforcées pour les épreuves du bac par un décret de 2013, prévoyant même parfois des sanctions pénales).

Tricher n’est pas sans danger, les sanctions peuvent être graves ! 
L’article 40 de ce décret de 1992, modifié en 2001, prévoit six types de sanctions :
1) l’avertissement.
2) le blâme.
3) l’exclusion de l’établissement pour une durée maximale de 5 ans (un sursis peut-être prononcé pour une exclusion inférieure à 2 ans).
4) l’exclusion définitive de l’établissement.
5) l’exclusion de tous les établissements publics pour une durée maximale de 5 ans.
6) l’exclusion définitive de tout établissement public d’enseignement supérieur.

La sanction peut donc être extrêmement lourde et son intensité va dépendre de la gravité des faits. L’université tiendra donc compte du contexte de la fraude et vérifiera si celle-ci a été préparée méthodiquement ou improvisée. Ainsi, le fait d’espionner par dessus l’épaule de ton voisin sera moins sévèrement sanctionné que d’avoir dissimulé à l’avance un écouteur sous ton écharpe !
En outre, la sanction prononcée entrainera la nullité de l’épreuve ou même du groupe d’épreuves concernées !

Que faire si tu te fais griller ?

L’idéal est de bien t’informer sur la procédure de fac !
Il faut savoir que cette procédure doit suivre des formalités hyper précises pour être valide !
De manière générale, le surveillant doit établir un procès verbal et recueillir des preuves l’attestant, puis il doit transmettre le dossier au président de l’université.
Ce dernier saisit alors la section disciplinaire de l’université, composée d’enseignants et  d’étudiants. Cette section va d’abord étudier et instruire le dossier, avant de rendre un jugement.
Tu dois alors être convoqué à chaque étape et tu peux être accompagné par la personne de ton choix (ton père, ta mère, un pote, voire un avocat…).

Mieux vaut te présenter à toutes les audiences auxquelles tu seras convoqué ! 
Le comité sera plus tolérant et il sera plus facile d’être défendu par le syndicat étudiant (Les types qui distribuaient des tracts à la rentrée) si tu es présent !
De plus, si tu t’es fait complètement grillé, évite la technique du : « c’est pas moi, je vous jure ». En effet, mieux vaut alors avouer ta faute, t’expliquer et t’excuser.

Cela étant, si tu es sanctionné, tu pourras toujours faire appel devant le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les 2 mois qui suivent la notification de la décision de la section disciplinaire de ton université. Mais peut être vaut-il mieux éviter de faire cela…

Enfin, finalement il y a relativement peu de chances que tu te fasses attraper. 
1) Il y a beaucoup de monde à surveiller :
En 2012 lors de l’examen du bac, seulement 419 fraudeurs ont été attrapés pour environ 600 000 candidats. Les examens à la fac étant moins surveillés que le bac, il y a donc relativement peu de chances de se faire prendre. En effet, il est difficile pour quelques surveillants de garder un amphithéâtre de plusieurs centaines d’étudiants.

2) La procédure est complexe :
Quant bien même un étudiant serait surpris, les enseignants ne savent pas toujours comment donner suite à l’affaire, la sanction n’est donc pas systématique (mais elle reste très fréquente).
De plus, sache que si la procédure n’est pas respectée scrupuleusement, cela entrainera ta relaxe… tu seras donc tranquille !

Si le risque de se faire attraper est relativement faible, les sanctions encourues peuvent en revanche être très lourdes. Par conséquent on pourrait être amené à se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle…

LAWYERED !

Ps: Actuellement, le plus grand nombre de fraudes à l’université ne provient pas de la triche exécutée en examen surveillé, mais du plagiat !
Toutefois cela fera l’objet d’un autre article…

Sources :
L’illustration est un tableau nommé le Tricheur à l’as de carreau, peint par Georges de la Tour vers 1636 et actuellement conservé au musée du Louvre à Paris.

Les textes juridiques proviennent de Legifrance.gouv.fr
vosdroits.service-public
Aller sur le site de l’étudiant (source du nombre de fraudeurs au bac)

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