Tenir un enfant en laisse, vraiment interdit ?


J’écris cet article en pensant au baby-sitter qui promène les enfants de sa voisine le mercredi au jardin du Luxembourg; mais aussi à la grande soeur qui doit s’occuper des petits derniers.

Le 14 octobre dernier, la vidéo d’une anglaise traînant son fils sur le sol avec une laisse a inondé les réseaux. Les critiques n’ont pas tardé : « Tu maltraites ton fils ! », « Ce n’est pas un animal !» …

Sans aborder l’aspect psychologique, nous avons vérifié si ce phénomène constitue une maltraitance sur mineur.

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L’enfant en laisse, une maltraitance sur mineur ?

D’après l’OMS, la maltraitance infantile désigne les violences ou négligences envers un mineur entraînant un « préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité ».

En France, les sanctions varient selon la gravité des séquelles entraînées. Un traitement dégradant ou dangereux pour l’enfant peut être puni de 10 ans de prison et de 150 000€ d’amende (art. 222-9 du Code pénal).

Cela étant, tenir son enfant en laisse peut-il être assimilé à une « maltraitance sur mineur » ?

Il faut rappeler ici, que la laisse permet notamment d’éviter que le petit Louis n’aille jouer à cache-cache entre les voitures. Le but est avant tout de protéger le petit Louis et de lui éviter ainsi un terrible accident. Il semble donc difficile de rapprocher la tenue en laisse d’un enfant à une maltraitance sur mineur.

Mais le petit louis est-il traité comme un animal s’il est tenu en laisse ?

Il faut avouer qu’en soirée, une laisse serait bien pratique pour certains de nos amis

L’enfant en laisse, un animal de compagnie de plus ?

La laisse a beau être obligatoire pour les chiens, (cf. art L211-16 du Code rural), beaucoup désapprouvent cette pratique sur un enfant.

Effectivement, la prof de yoga du rez-de-chaussée s’indignerait de voir le petit Louis courir en laisse dans la cour. On l’imagine hausser son sourcil épilé et faire une remarque hautaine sur « l’éducation de nos jours … ».

Cependant,  la pratique du « leashing » (ou « laissage ») s’est démocratisée. Son utilisation est régulière dans les centres aérés, supermarchés, ou même sur les pistes de ski…
(On imagine qu’il vaut mieux éviter de skier entre le prof et l’enfant…).

Légalement:  un enfant, même hyperactif, ne fait pas l’objet d’une restriction spéciale de conduite. 

Ainsi rien n’interdit de tenir un enfant en laisse !

Pour conclure, tenir ses enfants en laisse est une pratique légale tant qu’elle ne porte pas atteinte à la dignité de l’enfant !
– Parce que oui, si tu attaches un enfant avec une laisse et que tu lui colle une muselière, tu risques de l’humilier… ou de l’initier à des pratiques qui ne sont pas de son âge… –

Et n’oublions pas qu’il peut y avoir de nombreuses circonstances inconnues lorsqu’un parent décide d’attacher son enfant.

Voici l’explication de la vidéo de la femme anglaise qui avait traîné son fils par terre une laisse. Son enfant est atteint d’une maladie mentale. Il peut devenir une menace pour lui-même ou pour les autres si on le perd de vue au cours d’une crise.

Alors laissons (c’est le cas de le dire) les parents épuisés attacher leurs enfants, après tout, ils pourraient avoir une bonne raison de le faire…

Lawyered !